Microparticules : l'ennemi invisible qui s'installe dans votre corps
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Journal · Santé & ; environnement
Microparticules : l'ennemi invisible qui s'installe dans votre corps
Ce que la science dit de leurs effets sur votre santé, et comment agir.
On les appelle microparticules, microplastiques ou nanoplastiques. Elles sont invisibles à l'œil nu. Elles n'ont ni odeur ni goût. Et pourtant, elles sont désormais partout : dans l'eau que vous buvez, dans l'air que vous respirez, dans les aliments que vous mangez, et depuis quelques années, dans votre sang, vos poumons, votre placenta, et même dans les plaques qui obstruent vos artères.
Ce n'est pas une théorie. C'est ce que des études publiées dans les plus grandes revues médicales mondiales : Nature Medicine, The New England Journal of Medicine, Environment International: ont démontré ces dernières années. Les microparticules sont devenues l'un des sujets les plus documentés de la médecine environnementale.
Cet article vous explique ce qu'elles sont, comment elles entrent dans votre corps, ce qu'elles y font, et ce que vous pouvez faire pour en limiter l'impact.
🌫️ L'analogie de la neige invisible. Imaginez une neige qui tomberait en permanence, 24 h/24, impossible à voir à l'œil nu. Elle se déposerait sur tout ce que vous mangez, s'infiltrerait dans l'eau que vous buvez, flotterait dans l'air de votre maison. Une neige faite de milliers de fragments de plastique. C'est exactement ce qui se passe. Nous vivons dans un environnement où les microparticules tombent en continu, et notre corps les accumule depuis des décennies.
I. Qu'est-ce qu'une microparticule, et d'où vient-elle ?
Une définition simple : microplastique, nanoplastique
On parle de microplastiques pour des fragments de plastique inférieurs à 5 millimètres : soit moins que la taille d'un grain de riz. En dessous d'un micromètre (un millième de millimètre), on parle de nanoplastiques, capables de traverser des barrières biologiques que les microplastiques ne franchissent pas : la paroi intestinale, la barrière hémato-encéphalique, la membrane placentaire.
Ces particules proviennent de la dégradation de plastiques plus grands sous l'effet du soleil, de l'abrasion mécanique et du temps. Mais elles sont aussi fabriquées directement : les fibres synthétiques des vêtements (polyester, nylon) libèrent des centaines de milliers de microparticules à chaque lavage. Les pneus en libèrent à chaque freinage. Les emballages alimentaires les cèdent aux aliments qu'ils contiennent, surtout sous l'effet de la chaleur ou des graisses.
Des sources insoupçonnées, dans les gestes du quotidien
Les microparticules ne viennent pas que des grandes décharges ou des océans pollués. Elles sont générées par des gestes ordinaires.
Étude clinique
Première détection de microplastiques dans les selles humaines
Dans cette étude fondatrice, des chercheurs ont analysé les selles de 8 volontaires de pays différents (Europe, Asie, Amérique). Résultat : des microplastiques ont été détectés chez 100 % des participants, avec une moyenne de 20 microparticules par 10 grammes de selles. Les types de plastique retrouvés correspondaient exactement aux emballages alimentaires courants.
C'est la première preuve directe que les humains ingèrent et excrètent des microplastiques de façon routinière.
II. Comment les microparticules entrent dans votre corps
Il existe trois portes d'entrée principales.
Une fois dans la circulation sanguine, les microparticules se comportent comme de minuscules voyageurs sans destination précise : elles se déposent dans les tissus qui les captent le plus facilement : les poumons, le foie, les reins, mais aussi la paroi des artères. Les nanoplastiques, encore plus petits, peuvent franchir la barrière hémato-encéphalique et atteindre le cerveau, ainsi que la barrière placentaire, mettant potentiellement le fœtus en contact avec ces substances.
Étude clinique
Détection de microplastiques dans le sang humain
Première étude à avoir détecté des microplastiques directement dans le sang humain. Sur 22 donneurs de sang en bonne santé, 17 (77 %) présentaient des microparticules mesurables dans leur sang. Les types de plastique retrouvés comprenaient du PET (bouteilles), du polystyrène et du polyéthylène.
Cette étude a démontré que les microplastiques ne restent pas dans le tube digestif : ils pénètrent dans la circulation systémique.
Étude clinique
Microplastiques dans le placenta humain
Des microplastiques ont été détectés dans le placenta humain de 6 femmes enceintes sur 6 analysées. Les particules retrouvées provenaient de matériaux d'emballage, de cosmétiques et de peintures.
Cette découverte signifie que les microplastiques traversent la barrière placentaire et que le fœtus en développement y est exposé dès le stade intra-utérin : avant même la naissance.
III. Ce que les microparticules font à votre corps
1. Inflammation chronique de bas grade
La première réaction de votre corps face à des corps étrangers, c'est l'inflammation. Les microparticules activent les macrophages (cellules immunitaires) qui tentent de les éliminer : sans jamais y parvenir, car le plastique n'est pas biodégradable. Résultat : une inflammation chronique de bas grade qui s'installe en silence. Cette inflammation silencieuse est aujourd'hui reconnue comme un facteur aggravant ou déclenchant de nombreuses pathologies : maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, maladies auto-immunes, certains cancers.
2. Stress oxydatif et vieillissement cellulaire
Les microparticules génèrent directement des radicaux libres (espèces réactives de l'oxygène, ROS), qui endommagent les membranes cellulaires, l'ADN et les mitochondries. Ce stress oxydatif accélère le vieillissement cellulaire et réduit l'efficacité des systèmes de défense naturels : notamment le glutathion, le principal antioxydant de l'organisme.
3. Perturbation endocrinienne
Les plastiques contiennent des additifs chimiques : bisphénol A (BPA), phtalates, PFAS (les « polluants éternels »), qui imitent ou bloquent l'action des hormones. Ces substances, appelées perturbateurs endocriniens, s'accumulent dans les tissus graisseux et perturbent progressivement le système hormonal : thyroïde, cortisol, insuline, hormones sexuelles. Leur effet ne se mesure pas à une seule exposition, mais à une accumulation sur des années.
4. Atteinte cardiovasculaire : l'alerte de 2024
L'étude qui a changé la perception du grand public sur ce sujet est celle publiée en 2024 dans le New England Journal of Medicine. Pour la première fois, des chercheurs ont dosé les microplastiques dans les plaques d'athérome (les dépôts qui obstruent les artères) de patients opérés de l'artère carotide. Les résultats sont sans équivoque.
Étude clinique
Microplastiques dans les plaques d'athérome et risque cardiovasculaire
Sur 304 patients opérés pour sténose carotidienne, les plaques d'athérome de 58,4 % contenaient des microplastiques ou nanoplastiques détectables. Les patients avec des microplastiques dans leurs plaques artérielles avaient un risque de crise cardiaque, d'AVC ou de décès cardiovasculaire 4,53 fois plus élevé sur 34 mois de suivi que ceux dont les plaques n'en contenaient pas.
Les auteurs concluent que les microplastiques ne sont pas de simples « passagers » des artères : ils participent activement à la déstabilisation des plaques.
5. Microbiote et barrière intestinale
Les microparticules perturbent directement la composition et la diversité du microbiote intestinal : l'ensemble des bactéries qui vivent dans votre intestin et jouent un rôle clé dans l'immunité, la digestion et même l'humeur. Elles fragilisent également la barrière intestinale, augmentant sa perméabilité et facilitant le passage dans le sang de substances qui devraient rester dans l'intestin (toxines, fragments bactériens). Ce phénomène contribue à l'inflammation systémique et aux hypersensibilités alimentaires.
Signes possiblement liés à une exposition chronique aux microparticules. Ces signaux ne sont pas spécifiques et peuvent avoir de nombreuses autres causes. Seul un professionnel de santé peut établir un diagnostic.
« On ne peut pas tout contrôler. Mais on peut choisir ce qu'on met dans son corps, et soutenir son organisme face à ce qu'on ne peut pas éviter. »
IV. Réduire son exposition : les gestes prioritaires
Il est impossible d'éliminer toute exposition aux microparticules dans notre environnement. Mais il est possible de la réduire significativement avec quelques changements ciblés.
V. Soutien nutritionnel : aider votre corps à faire face
Si l'exposition aux microparticules est inévitable, le corps dispose de systèmes de défense naturels contre leur toxicité : à condition qu'ils soient bien alimentés. Trois mécanismes sont particulièrement sollicités : la neutralisation des radicaux libres, la modulation de l'inflammation et le maintien de l'intégrité de la barrière intestinale. Voici les actifs BIOLOGYST ciblés pour soutenir ces trois lignes de défense. Le détail de chaque molécule est présenté dans notre dossier Les principes actifs.
Antioxidant Defense · Protection cellulaire face au stress oxydatif
La formule la plus directement orientée vers les mécanismes de toxicité décrits pour les microparticules. Elle associe la quercétine (inhibiteur de NF-κB, la voie centrale de l'inflammation induite par les fragments plastiques dans les modèles publiés), la vitamine C, qui contribue à la protection des cellules contre le stress oxydatif et participe à la régénération du glutathion, le zinc et le sélénium, qui contribuent également à la protection des cellules contre le stress oxydatif et sont cofacteurs des superoxyde dismutases et des glutathion peroxydases, ainsi que du glutathion réduit.
Découvrir Antioxidant Defense →
Étude clinique
Quercétine et vitamine C : mécanismes anti-inflammatoires et antioxydants
Les auteurs rapportent que la quercétine inhibe directement la voie NF-κB, principale voie pro-inflammatoire activée par les microplastiques et leurs additifs chimiques. La vitamine C régénère le glutathion oxydé et protège les membranes lipidiques contre la peroxydation induite par les ROS générés par les fragments plastiques.
Leur association produit une synergie d'action documentée sur les marqueurs inflammatoires et oxydatifs.
Nigelle Active · Thymoquinone et voie NF-κB
La thymoquinone de Nigella sativa est l'un des inhibiteurs naturels de NF-κB les mieux documentés : la voie centrale de l'inflammation chronique déclenchée par les corps étrangers comme les microparticules. Les travaux publiés décrivent également son activation de Nrf2, le régulateur des défenses antioxydantes cellulaires, qui amplifie la production endogène de glutathion et de superoxyde dismutase.
Étude clinique
Thymoquinone et marqueurs inflammatoires : méta-analyse de 23 essais
Cette méta-analyse portant sur 23 essais cliniques rapporte que la thymoquinone de Nigella sativa réduit significativement les niveaux circulants de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-α, CRP) dans des contextes d'inflammation chronique.
L'activation de Nrf2 par la thymoquinone est documentée comme mécanisme complémentaire de protection cellulaire contre le stress oxydatif environnemental.
Lactoferrine Active + · Barrière intestinale et microbiote
Les microparticules fragilisent la barrière intestinale, augmentent sa perméabilité et perturbent le microbiote. La lactoferrine est la protéine la plus étudiée sur ces mécanismes : les travaux publiés décrivent un renforcement des jonctions serrées de l'épithélium intestinal, une modulation du microbiote (effet prébiotique sélectif sur les bifidobactéries) et une réduction des marqueurs d'inflammation de la muqueuse. Son action antimicrobienne est également décrite comme limitant la prolifération des pathobiontes favorisée par la dysbiose induite par les plastiques.
Découvrir Lactoferrine Active + →
Étude clinique
Lactoferrine et intégrité de la barrière intestinale
Les auteurs rapportent une action protectrice documentée de la lactoferrine sur la barrière intestinale via le renforcement des protéines de jonction (claudines, occludine, ZO-1). Plusieurs études montrent que la supplémentation en lactoferrine réduit la perméabilité intestinale et les marqueurs d'inflammation muqueuse dans des contextes de dysbiose et d'exposition environnementale.
Sa double action immuno-modulatrice et protectrice de la barrière en fait un actif de choix dans les protocoles de soutien face à l'inflammation environnementale.
Omega Active + · EPA, DHA et résolution de l'inflammation
Les acides gras oméga-3 (EPA et DHA) s'intègrent dans les membranes cellulaires et modifient leur réponse inflammatoire. Les travaux publiés décrivent une réduction de la production de prostaglandines PGE2 et de leucotriènes pro-inflammatoires, et une stimulation de la synthèse des résolvines et protectines, les médiateurs qui « éteignent » l'inflammation chronique. Dans le contexte des microparticules, les oméga-3 agissent comme des modulateurs de la résolution inflammatoire, là où les antioxydants agissent sur la source. Pour mémoire, l'EPA et le DHA contribuent à une fonction cardiaque normale à partir de 250 mg par jour, et le DHA contribue au maintien d'une fonction cérébrale et d'une vision normales à partir de 250 mg par jour.
« Votre corps est exposé chaque jour à ce que le monde lui envoie. Votre rôle, c'est de lui donner les outils pour répondre. »
En résumé
Les microparticules sont une réalité de notre environnement du XXIe siècle. La science est formelle : elles s'accumulent dans notre corps, elles génèrent de l'inflammation, du stress oxydatif et des perturbations hormonales. L'étude du New England Journal of Medicine de 2024 a démontré qu'elles participent même à la déstabilisation des plaques artérielles.
Notre corps possède néanmoins des systèmes de défense remarquables : à condition de les nourrir correctement. Réduire l'exposition (eau filtrée, plastiques évités, air renouvelé), soutenir la neutralisation des radicaux libres, moduler l'inflammation chronique et protéger la barrière intestinale sont les quatre piliers d'une réponse cohérente et documentée.
Vous ne pouvez pas tout contrôler. Mais vous pouvez choisir comment votre corps répond à ce qu'il rencontre.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une microparticule ou un microplastique ?
Un microplastique est un fragment de plastique inférieur à 5 millimètres. En dessous d'un micromètre, on parle de nanoplastique : cette taille lui permet de traverser la paroi intestinale, la barrière hémato-encéphalique et la membrane placentaire, ce que les microplastiques ne font pas.
Les microplastiques passent-ils vraiment dans le sang ?
Oui. L'étude de Leslie et al. (Environment International, 2022) a détecté des microparticules mesurables chez 17 des 22 donneurs de sang analysés, soit 77 %. Les plastiques identifiés comprenaient du PET, du polystyrène et du polyéthylène.
Quel est le lien entre microplastiques et santé cardiovasculaire ?
L'étude de Marfella et al. (New England Journal of Medicine, 2024) a analysé 304 patients opérés d'une sténose carotidienne : 58,4 % des plaques d'athérome contenaient des microplastiques. Ces patients présentaient un risque d'infarctus, d'AVC ou de décès cardiovasculaire 4,53 fois plus élevé sur 34 mois de suivi.
Comment réduire son exposition aux microparticules au quotidien ?
Quatre gestes ont un effet mesurable : filtrer l'eau du robinet sur charbon actif (70 à 90 % de microplastiques en moins), ne jamais chauffer d'aliments dans du plastique (la chaleur multiplie la libération par 10 à 100), aérer 10 minutes par jour, et laver les textiles synthétiques dans un filet anti-fibres (jusqu'à 86 % des fibres retenues).
Quels nutriments soutiennent l'organisme face à cette exposition ?
La vitamine C, le zinc et le sélénium contribuent à la protection des cellules contre le stress oxydatif. L'EPA et le DHA contribuent à une fonction cardiaque normale dès 250 mg par jour. La quercétine, la thymoquinone et la lactoferrine sont étudiées pour leur action sur la voie NF-κB et la barrière intestinale. Retrouvez d'autres analyses dans le Journal BIOLOGYST.
BIOLOGYST. Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. biologyst.com
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